La fête étrange - Série 3/3
- 1 déc. 2020
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 févr.

Un livre, trois séries
et la poésie d’un lieu perdu
Depuis ma jeunesse, Le Grand Meaulnes d’Alain Fournier m’accompagne.
Un roman traversé de mystère, d’éclats de lumière fugitifs et d’un émerveillement délicat.
Les salles illuminées de fêtes,
le murmure feutré des voix entre les flammes des bougies,
le froissement des costumes anciens,
les recoins secrets du domaine en ruine —
tout cela a façonné mon imaginaire pictural.
Entre souvenir et rêve, mes images ont trouvé leur espace.
De cette présence intime sont nées trois petites séries,
chacune prolongeant, à sa manière, la poésie de cet univers.
Troisième série : La fête étrange
Après Le Gilet de soie et Le domaine mystérieux est née La fête étrange.
Alors que mes travaux précédents réunissaient ces thèmes sur la surface lisse de la toile, j’ai souhaité, pour cette série, offrir à l’univers poétique d’Alain Fournier une dimension nouvelle : plus tangible, plus corporelle, presque en relief.
La matière en est devenue le cœur.
Dans la rue des antiquaires de Pézenas, j’ai découvert des pages de livres jaunies, des dentelles délicates, de vieilles cartes et des partitions anciennes — traces d’un autre temps.
Ces fragments se sont intégrés aux images :
la jute brute du manteau paysan,
la finesse du tissu de la veste de soie,
la dentelle des costumes de la Belle Époque,
et les coquillages que j’ai moi-même ramassés sur les rives de la Méditerranée.
Entre ces éléments surgissent de petits fragments de carton qui, selon le regard, deviennent escaliers ou clôtures, ouvrant sur des jardins clos et abandonnés.
Deux strates se sont ainsi superposées :
— une couche picturale, où la couleur traduit le rêve et la mémoire,
— et une seconde, où tissus, papiers et objets trouvés se tissent en un relief poétique.
À travers ces œuvres, j’ai voulu faire renaître l’étrange fête —cet événement lumineux et insaisissable du roman, suspendu entre réalité et songe.
Un hommage à l’éphémère, au beau,
et à cette soif inextinguible d’une idylle engloutie.
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Une interprétation de cet univers en version „lisse“ sur toile ...

... Une autre, en version plus „tactile“ sur papier.
Caverne d'Ali Baba. Du relief.















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